30 septembre 2005

POO POO BACK AND FORTH.

...mais j'aurais pu aussi commencer cette tranche de blog par : ))<>((

Bon, voilà, il semblerait que ca se stabilise niveau emploi du temps, ce qui signifie que le blog devrait rebouger un peu dans les jours à venir. Normalement...
Sinon, vite fait, une news qui tombe sur mon téléscripteur : mon téléphone a l'air de vouloir mourrir, donc c'est pas la peine de laisser des messages pour l'instant, sauf super important : je le checke une fois par jour, le temps de trouver une solution, hein...
Et pendant que j'y suis, je m'interroge : qui m'a laissé un message issu d'une prise de son pendant un concert apparemment hip hop (je dis "apparemment", car la retransmission était pas glorieuse...) ? Merci de l'intention quand même, mais c'était quoi, c'était qui ? 8)

==> Hier soir Drine et moi sommes allés voir "Moi, toi, et tous les autres", une petite pépite de bonheur pur d'environ 90 minutes écrites, réalisées, et interpretées par Miranda July, jeune nana issue de la performance vidéo et multimédia (notamment) et pressentie, avec ce premier long métrage, comme une des nouvelles grosses claques de la scène ciné indé ricain, scène qui tarde à rebondir sur son golden age d'il y a 15 ans...
Le renouveau, Miranda y contribue avec son film (le site du film en VO ici, et en français là) ; d'abord parce que même s'il ne renouvelle aucun genre, il laisse toutefois comme un goût de grosse nouveauté : un film plutôt intimiste qui ne sombre pas dans le pathos larmoyant, et pire ! Qui donne le sourire à la sortie de la salle ? Trop rare pour ne pas êre souligné.



Auréolé d'une tonne de prix (notamment celui de la Caméra d'Or lors du dernier Cannes, mais aussi Prix du Jury à Sundance 2005), ce premier film propose un focus sur des instants de vie de quelques personnages qui refusent de se laisser gangréner par le quotidien morne et bien concret d'une middle-class nord-américaine décidément peu appétissante. Miranda July interprête Christine, une artiste cinéaste motivée mais désespérement seule, qui rencontre Richard, vendeur de chaussures en grande surface, mec largué au propre comme au figuré (il attend désespérement que la vie le surprenne, alors que sa femme le quitte) ; Richard à deux mômes qui peinent à se trouver autant que leur père, l'ainé subissant les gosses du voisinage (y compris 2 ados désireuses d'assimiler le sexe au plus tôt), et le plus jeune, chatteur sur le web, et qu'on peut voir comme une petite clé de voûte d'un jeu de construction que Miranda July détourne pour mieux reconstruire, justement : classique, la plupart des personnages principaux se croiseront sans réellement tous se connaitre, s'impliqueront dans la vie des autres, accidentellement ou pas.

Non, rien de très neuf dans tout ça, si ce n'est une caméra saisissant systématiquement l'angle le plus adéquat pour exacerber l'émotion, une facilité pour capter un regard, un plan, une expression, bref, une réelle virtuosité inventive de la part ce cette jeune femme ; évidemment, les esprits chagrins seront tentés de voir là une tendance à la démonstration, à la préference plastique, raccourcis évidents car Miss July, rappelons-le, vient de l'installation multimédia, de la vidéo comme expression artistique brute, et plus encore, de la création artistique tout court (elle écrit, elle chante, elle fait tellement de trucs, cette nana, c'est énervant...).
Néammoins, c'est dur de ne pas se laisser porter par la poésie brute, elle aussi, par cette espèce d'ultra-sensibilité permanente (jamais gratuite, hein), qui court tout le long de ce film charmant ; c'est même assez simple de laisser son sens critique à l'entrée du cinoche, et de se laisser aller, de laisser Miranda July faire, agir, et jouer avec ses (res)sentiments. Attention, jamais la moindre miévrerie : usant d'une poésie archi-fantaisiste et de pointes d'humour toujours innatendues, on est dans le registre de l'émotion, pas du lacrymal.

Tous les acteurs principaux (de Miranda -qui, au paassage, poste régulièrement sur son très bon blog- à l'obsédé grande gueule qui n'assume rien en passant par les deux frangins complices, mais aussi par Richard idéaliste en retard d'une vie, ou encore par ce septuagénaire bientôt meurtri...) sont convaincants (probablement parce que convaincus, ca aide), et un film qui balance du Cody Chessnut ou du Spiritualized en guise de bande son ne peut décemment pas être un mauvais film. 8)
N'empêche qu'entre "Moi, toi, et tous les autres" et le dernier Jarmush (qui, s'il n'est pas son meilleur long-métrage, n'en demeure pas moins un excellent film, à bien des titres), ca fait 2 films enthousiasmants en moins de 15 jours : moi je dis, "cool".


==> Les choses à retenir de la journée pro des éditions Delcourt ? Dans le désordre, alors :
- Peyraud et Alfred pour "Le désespoir du singe",
- le génial Matsumoto honoré par l'édition quasi-fac-similé de son "Go go Monsters" : environ 400 pages d'un projet antérieur à "Ping-Pong", datant de 2000, et regardez un peu comment ca pète sa race, bordel :



- les droits de publication des séries DC gelées pour le moment (ce qui signifie no more Swamp Thing et no more Sandman pour le moment...),
- quelques traductions de bon goût : le géniallissime David Lapham et son géniallissime "Murder me dead", Jessica Abel et son "La perdida", une intégrale du "Black Hole" de Burns à venir (souhaitons qu'il soignent l'objet un peu plus que les VF carrément dégueus qu'ils nous ont servi - remember ce noir, pardon, ce gris ? C'est ca, c'est eux-, une nouvelle traduction de Chris Ware...
- un repas du vendredi soir coincé à un table VIP qui s'est vite décoincée... et il s'avère que meussieur Guy est un mec avec qui il est bon de parler sans langue de bois, et ça, je dois reconnaitre que je ne m'y attendais pas du tout, de pouvoir parler ouvertement de mes réserves à l'égard de Delsol, etc,
- et sinon, le fléau Bellamy frappera chez Delcourt ; ouais, des filles à poil ! Super...

Bon, à part ça, Delcourt semble poursuivre sa route d'éditeur désireux d'engranger (quand même) et de chopper un blockbuster (pas mal de nouveautés lorgnent du côté des concepts ayant déjà fait leurs preuves, parfois même chez la concurrence), tout en ponctuant son sillage (uh uh uh) de titres plutot dignes et intéressants, il faut bien leur accorder ça. Et puis, les gens d'Akata sont quand même formidables, et rien que pour les entendre parler de leurs idées, de leur programme, ca valait le coup d'y aller... 8)


==> Super édition (enfin, autant qu'une foire aux livres peut l'être...) du festival des Mots Doubs (oui, oui, je sais, le jeu de mots... hum.) ce dernier weekend, avec 3 jours de bons moments, avec des auteurs aussi talentueux que cools (Mathieu Sapin, Frank Bourgeron, BSK, Big Ben, Didier Millotte, Obion, et quelques autres). Bien crevé lundi, mais sinon, très satisfait du weekend ; et pas mal de gens le sont aussi, alors tout est pour le mieux.

==> "Anansi boys", le dernier bouquin de Neil Gaiman vient de sortir, c'est toujours chez Harper Collins et ca trône au dessus d'une grosse pile de trucs à lire... Je suis dans le jus, là, j'ai pris du retard, bordel de merde !
En Juin 2005, il en parlait déjà ici-même.

==> Est-ce que j'ai déjà fait la retape du prochain numéro de Comic Book Artist (distribué through Top Shelf, désormais), le Tribute to Will Eisner special issue ? Ouais ? J'ai déjà parlé de son contenu d'envergure internationale, et pleine de surprises ? Uh uh uh. Ah bon. Ben tant pis.
En parlant de Top Shelf, d'ailleurs...
"Senses : sequential art anthology", une anthologie proposée par John Lowe & the SCAD Faculty.
"Top Shelf is proud to represent the Savannah College of Art & Design's first comics anthology. Prepared by the Sequential Art Department, Senses is comprised of original works created independently by SCAD students, alumni and faculty. Numerous artists responded to an open invitation to submit stories that incorporate the theme of one or more of the five senses. The sequential art faculty then reviewed the submissions, selecting the 42 stories presented in this anthology. The SCAD sequential art department strives to teach strong storytelling skills without imposing stylistic restrictions. This anthology represents the diverse and successful approaches taken by several young cartoonists". ($9.95, 5 1/2" x 8 1/2", 208 pages)
Jamais ils s'arrêtent, chez Top Shelf, en ce moment.

==> Maud se tapera t-elle Jérémy ? Grégoire finira t-il par se taper la quebecquoise ? Est-ce qu'Arno portera un t-shirt de ces gros poseurs de Vegastar lors du prochain prime ? Vous le saurez peut-être en allant visiter desherence.blogspot. Ou pas.

==> Miss Juliette, ancienne camarade passeuse de bonnes vibrations radiophoniques, toute jeune maman, et néammoins activiste culturelle de (déjà) longue haleine, démarre un blog de création plastique commune, ou chacun est amené à intervenir :
"je mets en ligne chaque semaine une image/photo ou une fraction d'image et vous devez reconstituez l'image globale selon votre vision, créer un tout à partir de la partie que je vous propose."
Dites que vous venez de ma part quand vous débarquerez sur son site ! 8)


ON AIR on radiojUne :
- Cet espèce d'enfoiré de Jéjé fait des compiles qui déchirent. Résultat, en boucle à la maison.
- Ron Carter "Anything goes", et plus particulièrement le titre "Baretta's theme" ; un bon CTI de 1975, putain de bordel de merde !
- High Priest & M Sayyid are Airborn Audio, un album qu'a au moins un an mais que je continue de redécouvrir ; ma vie manque de claques hip hop récentes, ca permet au moins de savourer celles encore fraîches...

Je crois que c'est tout.
Oslo, tu vois que je dormais pas, espèce de $#@§ !!! 8)

19 septembre 2005

VITE FAIT.

En gros : Paname pendant 3 jours, couru non stop avec Drine au bout de la main droite et un gros sac plein de comics et de disques dans la main gauche : hardcore.

Vendredi, course en solo dans paname entre les shops de skeuds (claqué des petites collines de tune) et une visite au Regard moderne (claqué des gigantesques montagnes de tune), entre la rencontre pro chez Delcourt et la bouffe tendance partouze bizness du soir, toujours à Bercy avec Delcourt (d'ailleurs, bien discuté avec monsieur Guy qui s'est retrouvé à ma table) (non, ce n'est pas lui qui s'est retrouvé à la mienne, hein...).
En milieu de journée, checkage de mails, car j'attendais une confirmation importante : une demi-planche paraitra dans le Comic Book Artist spécial Tribute to Eisner, je suis super content car le sommaire, c'est du costaud, la vache. More soon.

Samedi, recupéré Drine en gare trèèèès tôt (malgré une toute petite nuit, grâce à quelques amis auteurs et autres collégues libraires mal intentionnés...), et gros trip consumériste dans la capitale, entre le 18ème, les halles et St-Mich : là encore, plus tellement de sous, surtout après une visite chez Super-Héros (avec un cadeau signé Mazzu, merci les gens), et une seconde fournée de Regard moderne, d'où nous raménerons donc de splendides sérigraphies de Julie Doucet et de Anders Nilsen, entre autres.
Raté Gilles, et raté Shinzuke à Bastille, entre autres. Chier.

Passé un samedi soir très très bon avec Nath et Xaxa, malgré une grosse grosse fatigue de notre côté, tout ca dans leur somptueux nouvel appart : mortellement cool, et beaucoup trop court, super merci les gens, vivement votre visite ; raté le dernier métro, et galéré avec un nouveau taximan qui ne connaissait pas son métier, mais qui avait probablement surkiffé la vibe de Luc Besson : de grosses grosses peurs, vraiment. More soon.

Dimanche, Clignancourt very court, et terrasse avec Jéjé et Sarah, à la cool ; là encore, trop court. Raté Akroe, raté Talo, raté plein de monde, chier.

Arrivé à minuit à Besançon.
Pulvérisé ce matin, et serait plus bavard plus tard. Apprends quand même que Gino was around Bercy, too ; trop tard, chier aussi.

Have a nice day.

15 septembre 2005

AVANT D'ETRE DANS LES CHOUX PENDANT 10 JOURS, JE VOULAIS DIRE DEUX OU TROIS TRUCS.

Paname demain, un festoche la semaine prochaine... On se retrouve dans 10 jours, hopefully.

---> Après le simili-fiasco des Grolandais à Angoulême 2004 (pays invité d'honneur...), il semblerait que le Festival International des Collectionneurs rectifie le tir avec la scène Finlandaise en guest de choix pour janvier 2006. D'après les propos de Benoit Mouchard, on peut s'attendre davantage à un focus sur la nouvelle scène finlandaise (qui, à mon humble petit avis, enterre beaucoup d'autres pays dans le domaine de la bande dessinée intelligente, défricheuse et avant-gardiste) qu'autre chose, ce qui est toujours ca de pris.

---> "Spiral-Bound", c'est le nom du bouquin du très bon Aaron Renier, paru récemment chez Top Shelf, et le coup de coeur de le mois, tiens.
On est dans du tout-âge avec ces 170 pages de bonheur et de délicatesse, Renier ayant convaincu pas mal de monde, Chris et Brett de Top Shelf y compris, donc : Lemony Snicket, Craig Thompson et surtout le génial Tony Millionaire ont craqué sur "Spiral bound", et je conseille la lecture de ce bouquin à tout le monde, carrément.



Spiralboundcover, originally uploaded by jUne.
Rien que la couv, c'est du bonheur, deja.


Turnip est un jeune élephanteau introverti et posé, vivant à Estabrook, ville peuplée de bestioles qui vivent le plus naturellement du monde dans ce petit bourg tranquille... Tranquille, jusqu'au moment ou une sombre histoire pleine de mystère (que les anciens auraient préféré oublier) remonte à la surface, et qui entrainera le jeune Turnip et ses "amis" dans une tranche d'aventure des plus enthousiasmantes, des plus rafraichissantes... Stucky le chien, Emily la moineau, Anna la lapine, Viola la souris, et une foule de personnages complètement innattendus (mrs Skrimshaw la baleine et néammoins prof d'arts pla', Kipper la vieille tortue chef de la propagande...) embarqueront dans un récit haut en couleur (mais en noir et blanc, hein) très bien tenu, jusqu'à la fin qui nous pousse à écrire à Renier pour lui demander davantage de témoignages du petit monde qu'il a su créé en quelques pages.
Ne vous fiez pas à la description niaiseuse de l'histoire de Aaron : j'ai franchement du mal à résumer la tonalité résolument simple et faussement naïve de son récit ; sachez simplement qu'il s'agit là d'un premier bouquin franchement réussi, et à mettre dans toutes les mains.



spiralboundEXC01, originally uploaded by jUne.
un extrait parce que vous avez une bonne tete.

Une petite pépite d'or pour les gens qui auront apprécié notamment Bone, la comparaison avec le dessin de Jeff Smith semblant évidente, mais également pour les amateurs de la formidable Sara Varon (lire absolument, dans le même registre, "Sweaterweather" paru chez Alternative Comics il y a quelques mois), dont l'univers est très proche tant sur le plan graphique que dans le ton poétique utilisé.
Pour ne rien gâcher, Top Shelf réalise là un bouquin avec une maquette franchement réussie, et collant parfaitement à l'univers d'Aaron Renier ; encore un bon point pour cet éditeur qui se sort les doigts du cul pour continuer de sortir des choses valables.

Beluga peut être très fier de son maître, il a signé là un super album, et devrait le conseiller à tous ses copains chiens. 8)

---> Le toujours très actif Jean-Luc Fromental (que je ne vous ferais pas l'affront de vous présenter) serait partant pour honorer la mémoire du grandiose Charlie Schlingo, mort le 17 juin (décès qui a d'ailleurs fait bien peu d'écho...), par le biais d'un ouvrage qui nous permettrait peut-être d'avoir davantage de Schlingo sous la main : idée à applaudir, tant l'oeuvre du papa de "Grodada", que ce soit ses années Métal Hurlant ou Pilote, en passant par Hara-Kiri, reste peu disponible.
Je suis sûr que ces généreux restaurateurs du bon goût et des bonnes idées que sont les gens aux manettes de la reprise de la maison d'édition Futuropolis y songeaient déjà... Comment ? Non ? Certainement pas ? Ah bon, j'aurais juré.

---> Sinon, l'autre coup de coeur (mais rien à voir, hein) est le dernier bouquin publié par L'Association, signé par Florent Ruppert et Jérôme Mulot, et s'appelant "Safari monseigneur" ; ces deux gugusses étaient déjà responsables de la grosse surprise "Le journal de l'aventure", autopublié en son temps.
Bon, je suis pas fan de la maquette de couv, et particulièrement de la police utilisée, mais ça, c'était histoire de râler, parce qu'à part ça, ben y'a pas grand chose à dire de négatif au sujet de ce bouquin.
Ah si : ses auteurs doivent être internés d'urgence.

"Safari Monseigneur" est un bouquin franchement incisif et agressif, tant dans sa forme que dans son fond.
L'histoire est facilement résumable, mais cela ne servirait pas à faire la promotion de cet excellent ouvrage, tant la réussite tient davantage dans l'ambiance qu'il pose que quoi que ce soit d'autre ; en gros : toute la pauvreté de l'homme, tout son pathétique étalé dans 60 pages d'horreur humaine, au cours desquels l'équipage d'un navire (qui arrime on ne sait où), semble s'exercer pour un concours de crétinerie, et se laisse aller à un naturel dérangeant et choquant, mais malheureusement trop "réaliste" pour que l'on ne puisse pas y croire... Ah les enculés, ils n'y vont pas de main morte.



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la vache, c'est mieux en grand, quand meme.

La force de ce putain de bouquin très drôle tient aussi sur la constante synergie entre les cases et les dialogues, la sauce prenant un peu plus à chaque page ; la narration est bien chamboulée, et fait appel à un petit repositionnement dans le processus de lecture "classique", une fois de plus... Plusieurs scènes (à défaut d'être de réelles "histoires") se succèderont sur la même planche, sans que cela forme un tout, mais tout en formant une chronologie naturelle, puisqu'imposée par le rythme d'"assimilation" du lecteur ; assimilation qui sera de nouveau bousculée à la lecture de chaque nouvelle page : les fragments d'histoire, les passages-puzzle, se succèderont ainsi page après page, formant au final un truc radical, assez osé, et vraiment jouissif.

Les dialogues sont également introduits de manière carrément jusqu'auboutiste : ca pose pas de problèmes à ces joyeux zozos de nous balancer 30 bulels par case, s'empilant les unes sur les autres pour qu'on comprenne bien, nous autres gros passifs de lecteurs, là où ils veulent nous emmener. Ca n'a l'air de rien, mais c'est pas un élément de narration si courant, je vous assure.

J'ignore qui fait quoi de Ruppert et Mulot ; et on s'en fout, tant qu'ils le feront aussi bien, tant qu'ils surprendront aussi fort. Ces deux mecs, je m'en vais te les surveiller de près, ca va pas traîner.

---> Les éditions Agone ont encore frappé : "Vient de paraitre", la gazette de l'éditeur, qui sort de manière "irrégulomadaire", est un feuillet pleine de bonnes intentions et de textes ultra séduisants ; en première, un agacement jubilatoire et informatif de Thierry Discepolo ; à demander d'urgence à son bon libraire.

---> Lisez "The Imp" ! Le n°3, consacré à Chris Ware, bénéficie d'une très belle version française proposée par les éditions Humeurs, et l'objet est très agréable, et comporte pas mal de trucs formidables, dont, notamment, des contributions graphiques de Jessica Abel, de Ivan Brunetti, d'Archer Prewitt, de Terry Laban, et de Daniel Clowes.



humeurstheImpWare01, originally uploaded by jUne.
Ware is in the house.


---> "Mome", le nouveau périodique proposée par Fantagraphics s'avère être une collection de courts plutôt agréable, même si au final, le roster annoncé pouvait laisser présager un peu plus de "très bon". On a quand même droit à de très bonnes choses de Paul Hornschemeier, de Anders Nilsen, de Jeffrey Brown (soit quasi tout le Holy Comsuption gang), Gabrielle Bell signe une de ses histoires les plus réussies, Kurt Wolfgang est une très bonne surprise, tout comme Jonathan Bennett ou John Pham.
Pas mal déçu par les contributions de Sophie Crumb, et sur l'interview de Paul Hornschemeier, dans lequel on n'apprend malheureusement pas grand chose sur ce déjà génial reconnu...
J'attendrais quand même la seconde livraison pour voir comment tout ca s'installe...

---> On s'en branle : Britney est maman depuis ce matin, c'est formidable. Si, si.

---> Ca devait arriver, vu le succès : Craig Thompson se casse de Top Shelf (a-t'on le droit de dire, "l'éditeur à qui il doit tout" ?) pour tracer la route chez Pantheon avec "Goodbye Chunky Rice" et son prochain bouquin à venir.
Que dire ? Rien, probablement. Mais j'y peux rien, ca m'émeut toujours de voir des auteurs évoluer et toucher à une large reconnaissance pour se barrer faire de nouveaux trucs "ailleurs"... Ce qui peut être compréhensible, mais ce qui est inexcusable, c'est de partir avec des anciens titres ; "Blankets" et "Carnet de voyage" ne devraient pas tarder à faire le voyage, et c'est bien dommage. Top Shelf méritait davantage qu'une telle attitude, non ... Thompson, c'est la même race que Fred de Lyon : ils sont vraiment pas sympas... Uh uh uh.
A noter que pour feter le truc, Casterman a récupéré la version française de "Goodbye Chunky Rice" signée chez Delcourt, à la base. Quelle belle et jolie et grande famille, hein.

---> Ca n'aura échappé à personne, il y avait un festival autour des blogs-bd ; bon, on s'en fout pas mal, mais en tout cas, initiative marrante, mais dont je cherche toujours le rapport avec le blog : les mini-blogs.
Ceux de Nancy Pena et de Louis-Bertrand Devaud sont deux excellents tout petits petits bouquins.



miniblogs, originally uploaded by jUne.
de jolis petits bouquins...


---> on air on RadiojUne :
- Charlie Haden et son Liberation Music orchestra, de retour 35 ans après, et c'est salutaire : c'est un véritable pamphlet musical anti-administration Bush que Haden (et Carla Bley, entre autres) propose là. Protest Jazz ! "Not in our name", chez Universal Jazz.
- Ohmega Watts, de Portland (but from Brooklyn when it comes to roots) crée la surprise (contrairement aux daubes prétentieuses de ce poseur de Kanye West, qu'on voit partout et qui saoûle hardcore) avec un hip hop qui puise dans l'âge d'or du genre, "A request" en première ligne annoncait la couleur mais tout l'album "the find" (sorti chez Ubiquity) est de très bonne écoute.
- Le second album des frangines de Coco Rosie est moins foutraque que le premier, il y gagne en qualité de production, avec tout plein de très sympathiques guests : Anthony (from the Johnstons), le français Spleen, Devendra Banhart (le mec de l'une des frangines, c'était l'instant people) contribuent à cette expérience (car la musique de Coco Rosie reste une bonne tranche de tests en tout genre (Touch and Go).
- Heureusement que Joann Sfar fait de très jolis clips pour les gros nains de Dionysos ; je comprend toujours pas comment ca marche, cette daube, et ce même avec l'utilisation honteuse d'un gros pied bien fat dans le dernier single, le type même de pied qui me fait hocher la tête... ca y en a pas suffire. Beuark, pouih, caca.

A bientot.
Et soyez sages.

10 septembre 2005

WEEKEND AROME.

Si quelqu'un sait comment désincruster de sa propre peau une odeur de savon aux huiles essentielles d'éponge, de melon et d'agrumes, qu'il parle maintenant ou qu'il se taise à jamais ! Je sens la jeune écolière en fleur, et c'est pas que ca me déplait, mais, bon, presque. La prochaine fois je me réveillerais pas la gueule dans le cul et je piquerais pas les flacons de la brune. Bref.

---> L'affaire du Siècle tome 5, numéro 7 : une nouvelle pierre dans l'édifice de l'art graphique contemporain, au plus profond de la modernité de l'art séquentiel, dans les méandres de... euh... Bref.
Il fait 48 pages, il n'est toujours ni cartonné ni en couleur, mais c'est sûr, à ce rythme, dans 6 mois, on rachète Delsol, et on nique le bénef, ouaich.
Il est épais, donc, et aussi bien au propre qu'au figuré, d'ailleurs ; pour le chopper, vous savez ou sonner ; envoi gratos contre un timbre, parce que décidément, c'est la classe, jusqu'au bout.
Au menu, Louis-Bertrand Devaud et un carnet de vacances, Panzer Cardinal et la suite d'une version de Star Wars alternative (et gay), Sandrina Cambera et un récit muet plutot aigre, Loic Gaume pour une tranche d'été de notre expérimentateur favori, Nancy Pena et la suite des nouvelles aventures du chat botté, Ibn Al Rabin et son talent habituel, Berth et sa provocation halletante habituelle, Jérémy Jorandon et la suite de son épopée mystique, Serge et ses pochoirs muraux décalés et acides, Matthieu Pierangelo et un essai OuBaPien de bon alloi, Jocelyn Teillard en mode illustration, JB Tortotte qui, avec Ga-L ou en solo, s'enfonce unn peu plus profondément dans la folie numéro après numéro, et quelques gratouillages from myself ; probablement quelques autres, également, mais pas trace de Bob La Loutre, feignasse parmi les feignasses, qui snobbe sans crupules aucun la dream team que nous formons, tssss...

---> Dingue. Grant Morrison et Frank Quitely ont réalisé tout l'artwork du dernier album de Robbie Williams, qui serait apparemment à donf de magie, les photos intérieures étant à base de sigil and co, tout comme la pochette elle-même : matez le doigt tendu de Robbie. On en parle bien évidemment sur le meilleur forum du monde.

---> J'ai relevé, en préparant ma commande de comics en import dans le Diamond Previews, que ce grand idiot de McFarlane sortait enfin des tpb de Spawn, la meilleure série du monde (uh uh uh), comprenant notamment les fameux épisodes avec Angela (le non-moins fameux personnage crée par Neil Gaiman, à l'origine de la brouille historique entre ces 2 créateurs) (enfin, entre ce grand idiot et un créateur), mais qui, curieusement, n'étaient crédités qu'au seul nom de McFarlane, et, je cite de mémoire, "and some others". Je crois pas que ca soit "various artists" ou un truc du style, non, carrément "others"... Un truc du genre, je vais tenter de retrouver et de scanner, parce que ca me fait à la fois bondir et hurler de rire. Sacré Todd.

---> J'en veux un, vite, vite, vite, c'est aussi simple que ça.

---> Le traditionnel salon littéraire des Mots Doubs de Besançon aura lieu fin septembre, et derrière le stand bande dessinée, quelques auteurs bien sympatoches, parmi bien d'autres : Franck Bourgeron, Kris et Obion, Mathieu Sapin, Big Ben, BSK, Didier Millote... A suivre.
* note 2 myself : penser au Guronsan.
Voilà. Venez nombreux, tout ça...

---> Les braves gens de chez B.ü.L.b comix nous lachent coup sur coup de délicieux petits objets...

"Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie de "How should I know?" essai graphique et narratif sur le travail passé et présent de Nicolas Robel. En collaboration avec le graphiste Mathieu Christe, l'auteur s'est aventuré à remanier sept ans de travail et plus de 2000 illustrations. 200 ont été retenues, compressées et cajolées sur un format carnet d'esquisses de type "Moleskine".
Nous avons tenté de pousser un peu plus loin la notion du livre-objet. Le résultat placera, nous l'espérons, ce livre au delà d'un recueil d'illustrations et de bandes dessinées classique. Nous espérons enfin avoir été assez audacieux et ambitieux pour vous surprendre et vous séduire."





1000 exemplaires pour ces 96 pages de travaux divers et variés vraiment agréable à pénétrer, comprenant également un ajout non négligeable : "l'auteur a commandé trois textes critiques (en trois langues), autant de chroniques qui servent à le conforter dans sa ligne tout en procédant à de sérieuses remises en question."

Comme si ca suffisait pas, une nouvelle boite 2W (5 ouvrages tout petit format dans une toute petite boite, superbe impression, kawai au possible) arrive (on en est déjà à la lettre "o"...), avec que des gens terribles : Takeshi Tadatsu (Japon), Karen Ichters (Suisse), Ben (Suisse), la très talentueuse et intèressante et finlandaise et brune et sympa Jenni Rope (Finlande) et l'idole des foules, Frederik Peeters (Suisse), qui revient au petit format auquel il s'était déjà essayé sur la première boîte 2W. 600 exemplaires, à vos marques, prêt, partez... Ici.

---> Demain, foire éco-bio, on va faire le plein avec Drine, Manue et Alex, et semaine prochaine, après deux ciné prévus et la visite de Laulau (Besançon-Dole-La Rochelle-Paname), se tiendra à Paris, justement, la grosse orgie annuelle des éditions Delcourt, ou j'irais, bien évidemment ; d'ailleurs, dans la foulée, Drine et moi restons sur Paname quelques jours, alors ami(e)s parisien(ne)s, hopefully see you soon. 8)

Bon, c'est pas tout ca, mais faut que je me remette du bouclage, moi ; bonne nuit, donc.

ON AIR on RadioJune :- Keep in time, le soundtrack de la rentrée pour les fans de breaks. Un DVD qui tue (public averti 8) ).
- Isotope 217, encore de la chute de studio de la grande époque du post-rock ; qui se souvient du post rock ? Moi. 8)
- Monkey Fuck ; on va en vendre des tonnes, dès qu'on aura trouvé un label. 8)
- Anthony and the Johnsons, le captain sensible new yorkais qui a arraché le Mercury prize ; ca fait des mois que je suis mitigé, mais il y a de véritablement magnifiques morceaux.

O.U.T.

1 septembre 2005

BA DE YAAA - SAY DO YOU REMEMBER BA DE YAAA - DANCING IN SEPTEMBER BA DE YAAA - NEVER WAS A CLOUDY DAYYYYY

Oui, parfaitement, Earth Wind & Fire in the place, ouaich, yo.Hum. Non, hein, je déconne. Bref, pardon...

Alors bon, toujours peu de temps à consacrer au blog ces jours-ci ; non pas que l'envie me manque, mais une fois de plus, le temps, quant à lui...

La rentrée et son cortège de sorties lamentables (j'ai une liste, j'ai une liste) remplissent les cartons et les journées avec une cadence soutenue, et les vacanciers rentrent à la maison, dépités et donc désagréables pour la plupart (je sais de quoi je cause, je le suis encore moi-même), avides d'une nouvelle daube cosmique ou d'un énième épisode d'une série bidon. Aaah, quel pessimisme, quelle critique merdique, quelle tête de con ce jUne, hein...
NAAAAAAN ! Il y a qund même quelques forts bons bouquins qui sont sortis ces derniers jours, et non, je ne parle pas de "La Possibilité d'une Ile", que je n'ai pas lu, que je ne lirai pas, et dont, comme vous j'en suis sûr, je me tamponne le cul par terre jusqu'à plus soif.
D'abord, plusieurs lectures aussi diverses que super-valables, j'ai envie de dire : dans des registres très différents, on a donc droit à des trucs comme "Le roi blanc" de David Toffolo, "Achtung Zelig!" de Gawronkiewicz et Rosenberg, ou encore "Big Head" de Jeffrey Brown (première traduction française pour Jeff -courtesy of 6 Pieds sous Terre-, et qui devrait bientôt avoir de nouvelles traductions chez Ego-Comme-X) ; je suis encore à la bourre sur pas mal de nouveautés, mais ca arrive, et pour ceux que ca interresse, je peux aussi faire une liste de merdes à ne pas acheter ; oui, oui, de merdes.



































Le numéro 7 de le meilleur fanzine de l'univers devrait respecter le calendrier fixé par les facheux qui s'en occupent, et au sommaire, innovation avec l'arrivée du premier contributeur non-Bisontin, sous la forme de 2 précieuses planches du non moins précieux Ibn Al Rabin ; toute l'équipe se sort actuellement les doigts du cul pour faire de ce numéro "spécial rentrée", ou "spécial retour de vacances" (peu importe), un futur monument de la bande dessinée underground progressiste de l'histoire du 21ème siècle, voir de l'histoire tout court. Louis-Bertrand Devaud s'est même fendu d'une couverture inédite pour couvrir ces 680 pages de pur bonheur graphique (sommaire en cours). Oui, oui, 680 pages. Ca rigole pas avec l'Affaire du siècle tome cinq, hein.
D'ailleurs, je pose ici une question de la plus haute importance aux contributeurs, memebres du Komité éditorial, et autres lecteurs, pourquoi pas : quelle orthographe précise serait la plus classosse, la plusse mieux :
- "l'affaire du siècle tome cinq" ?
- "l'affaire du siècle tome 5" ? (admirez la nuance, la finesse, hein...)
- "l'affaire du siècle, tome cinq" ?
Non mais parce que la presse journalistique, écrite ou virtuelle, commence à s'emparer du phénomène, et peut-être qu'un nom précis, correctement orthographié une fois pour toutes, permettrait à ces joyeux driles de ne pas étriper notre projet ; moi je dis ça...

Sinon, dans la série "mais ou je vais mettre les pattes avec ce projet ?", je vais incessamment sous peu démarrer une carrière hollywoodienne, oui oui, un rôle et tout, on en parlera plus tard, mais encore un nouveau truc stimulant ; ah ah ah, ca m'excite, mais je suis pas sûr que ca soit un truc pour moi... Ma foi ?!
Comme disait le "chef des commerciaux" de mon ex-boite : "essayer, c'est se préparer à échouer". Sacré Fabrice.
















Et sinon, et pour la route, de bien belles façades, puis une nouvelle fois, la trash-tv repousse donc, une fois encore, les limites, et, ouf, on fête aussi le grand retour d'En Vrac...note : comme d'hab, peu de liens raportés ici sont de ma trouvaille, la plupart ont été glanés sur le blog de Chryde, le fournisseur officiel de la communauté blog francophone, ou bien chez Tom, dont le blog est à la hauteur de l'historique webienne du monsieur.

Bon, j'ai un gros repas pour ce soir à préparer (et un passage chez le primeur pour pouvoir le faire), 24895 mails sur le feu, une machine à étendre, 4 bouquins entammés en même temps (je déteste ca !) à finir, 15 coups de fil en retard (hello Laulau, Jules, Laure, Maman...), 6 planches en cours, et Drine est en train de dealer difficilement avec une vingtaine de cartons Ikea, éparpillés dans toutes les pièces de l'appart, la visseuse à la main, prête à tuer un meuble ou le parquet. Je crois qu'il est temps que je m'en aille.

Septembre, te voici, et tu me fais chier.

on air on radio-June :
- Monkey "summer fuck 05 (another compilation)", du gris beat et des pleurs de joie avec my homeboy Monk. A ce sujet, bientot du chopable en bac, Monk ? Yeahyo.
- Sly Stone "you caught me smiling", en parlant de pleurer de bonheur...
- Weldon Irvine "I love you", parce qu'on est lancés...
- la mini-session de Seu Jorge chez Peterson d'il y a quelques semaines...
- One Self "Blue Bird", car septembre pue du cul, et qu'on veux pas oublier les vacances, tels de petits collégiens au coeur brisé...
- Sa-Ra Creative Partners "Rosebuds", ils arretent pas de me faire tilter, eux...
- Build An Ark "You've Gotta Have Freedom (2 Banks Of 4 Remix)", mais pas en skeud : peut-être que l'ami Howie, depuis quelques semaines à Tokyo, saura retrouver, dans la jungle sonore de Shibuya, ce skeud que je cherche depuis un certain temps, PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !
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